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Juste lire

un livre ou deux et plus si affinités…

« Le lambeau » de Philippe Lançon chez Gallimard

C’est l’histoire d’un homme dont la vie va basculer le 7 janvier 2015.

Un livre de jazz lui sauvera la vie mais il sortira de l’attentat contre Charlie Hebdo avec une gueule cassée.

Des terroristes, il ne verra que des jambes noires et n’entendra qu’à multiples reprises « Allah Akbar »

Philippe Lançon, commence par nous raconter sa soirée du 06 janvier, la pièce théâtre qu’il est allé voir et ses projets futurs. Puis assez vite, on passe à cette matinée fatale pour certains de ses collègues.

Le reste du récit va concerner ses longs mois de reconstructions avec les multiples opérations qu’il subira. Il nous parle de ses relations avec le personnel médical, avec ses proches et les policiers chargés de sa protection.

On vit avec Philippe Lançon, il nous parle des femmes de sa vie de ses amis, de ses grands- mères. On ressent ses peurs, ses cauchemars. On comprend sa douleur et ses larmes. Parfois, il doute, il s’interroge mais jamais n’abandonne.

Il s’agit d’un livre écrit par un journaliste et romancier d’où cette belle écriture soignée mais surtout celui d’un homme plein d’humilité. Il nous fait partager ses lectures, les musiques qu’il écoute, les expositions qu’il découvre et qui accompagnent cette période de reconstruction.

Ce n’est pas un livre sur l’attentat en tant que tel, c’est un livre sur un homme qui a subi un traumatisme physique et psychique comme d’autres avant et après lui et qui nous raconte son parcours.

Ce n’est ni triste, ni larmoyant juste authentique.

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« La saison des feux » de Céleste Ng chez Sonatine

 

Si je devais le résumer…

Je ne qualifierais pas vraiment ce livre de thriller ou  de polar même s’il est classé dans cette catégorie. Pour moi, il s’agit plutôt d’un roman de suspens où la tension et l’analyse psychologique prédominent. Je suis une nouvelle fois enthousiasmée par Céleste Ng.

C’est l’histoire…

D’une famille bourgeoise vivant dans un quartier où tout est lisse, où rien ne dépasse, où tout est conforme à la bienséance.

Un jour, une mère plutôt bohème débarque avec sa fille dans cet univers si parfait. Izzi le vilain petit canard de la famille Richardson s’attache assez vite à Mia l’artiste locataire de l’appartement de ses parents. Pearl, la fille de Mia quant à elle rentre petit à petit dans la vie de la famille « exemplaire ».

Un jour tout vole en éclat, la belle image de famille de rêve se fissure.

Elena Richardson qui est journaliste, rendant Mia et sa fille responsable de ce désastre, se met a enquêter sur le passé de son ennemie. Elle finira par réussir à la faire fuir.  Que sera alors la réaction d’Izzi ?? Vous le saurez dès les premières pages mais vous ne comprendrez pourquoi qu’en allant jusqu’au bout….

Ce que j’ai aimé…

  • La structure du roman, dès les premières pages, le drame final nous est annoncé. Ensuite petit à petit on découvre pourquoi la situation a dérapé.
  • L’analyse psychologique de chaque personnages.
  • La tension, les rebondissements.
  • Izzi ce vilain petit canard qui se transforme en cygne au contact de cette nouvelle famille.
  • Ce regard sur cette société américaine du luxe et des apparences où l’argent semble pouvoir tout acheter.

Le mot de la fin…

J’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Céleste NG « Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » et son analyse de la psychologie humaine. Ce nouvel opus est tout aussi captivant. Derrière le vernis des apparences se cache souvent une face beaucoup plus sombre et notre auteur sait parfaitement nous le démontrer.

 

 

 

« Les immortalistes » de Chloe Benjamin aux éditions Stephane Marsan

 

Si je devais le résumer…

Si vous connaissiez la date de votre mort, si vous aperceviez la fin du pont de la vie sur lequel vous marchez, que feriez-vous ??? Un roman qui nous emporte, qui nous amène à la réflexion sans être un casse tête, il nous incite juste à nous interroger.

C’est l’histoire…

De deux frères et deux soeurs qui décident un jour alors qu’ils ne sont encore que des enfants de rencontrer une voyante pour connaître la date de leur mort..

Comment vivre dès lors ? y croire ? profitez de la vie et de chaque secondes. Prendre des risques car de toute façon la fin est pour bien plus tard ? ou ne pas en tenir compte ?

Chaque membre de la fratrie Gold va agir et vivre différemment.

Simon décidera de ne pas reprendre le commerce familial à la mort de son père. Klara réalisera son rêve de devenir magicienne. Daniel aura une vie plus rangée et puis un jour un événement viendra tout chambouler. Varya quant à elle vivra en solitaire consacrant sa vie à son travail dans la recherche sur l’immortalité.

 

Ce que j’ai aimé…

  • La construction du roman :  la vie d’un membre de la famille Gold par chapitre.
  • Le roman est riche et travaillé, plus de 400 pages qui se lisent super facilement.
  • La multiplicités des sujets abordés : les choix de vie, les relations frères soeurs, la responsabilité que l’on ressent lorsque l’on perd ses proches etc…
  • Chaque personnage est attachant, sa vision  de la vie, sa volonté d’avancer est interessante.
  • Je suis très sensible aux couvertures des livres et j’aime beaucoup celle-ci.

 

Le mot de la fin…

N’hésitez pas laissez vous embarquer dans cette fresque américaine des plus captivante.

Une nouvelle maison d’édition dont on a envie de découvrir de nouveaux titres.

 

 

 

« Avec le feu » d’Aurélien Manya collection l’Arpenteur chez Gallimard

 

Si je devais le résumer…

Un roman que l’on ne peut lâcher des mains… Une histoire d’amour passionnelle qui ne s’arrêtera jamais malgré les épreuves… C’est aussi la quête initiatique d’une jeune homme dont une erreur de jeunesse modifiera à jamais la trajectoire de vie.

 

C’est l’histoire…

De Lorenzo, un jeune homme discret, un littéraire… Un jour pour venger un ami, il commet un délit grave en incendiant un commissariat de police.  Il se retrouve rapidement embarqué dans une lutte armée qui le dépasse et qu’il décide d’abandonner avant qu’il ne soit trop tard. Malheureusement jamais ses comparses ne lui pardonneront, ils le pousseront alors à une fuite éternelle…

Pendant ces 20 ans de cavale il n’aura de cesse de retrouver la femme de sa vie même pour quelques jours parfois. Sylvia, celle qui lui aura donné l’envie de devenir écrivain, celle qui jamais ne doutera de lui, celle qu’aucune autre femme ne pourra remplacer.

 

Ce que j’ai aimé…

  • La qualité de l’écriture.
  • Cette histoire d’amour passionnelle qui nous captive et nous tient en haleine tout au long du roman.
  • Les personnages « secondaires » comme Joseph et Raspoutine sont tout aussi forts.
  • Cette amour de la littérature qui unit ces deux êtres.
  • On voyage à travers l’Italie, la France jusqu’en Argentine.
  • Ce livre parle d’amour mais aussi d’amitié, de rédemption, de pardon.

Le mot de la fin…

Que vous dire, si ce n’est : foncez l’acheter, vous ne le regretterez pas.  C’est une histoire magnifique et je suis loin de vous avoir tout dit…

 

 

 

« Gramercy Park » de Christian Cailloux et Timothée de Fombelle chez Gallimard

 

Si je devais le résumer…

Un roman graphique, doux, poétique et chargé de sens. La violence doit elle toujours répondre à la violence… ou n’y aurait-il pas une autre possibilité de consolation ?

C’est l’histoire…

D’une jeune femme qui élève des abeilles sur un toi New Yorkais et qui observe un caïd de la pègre dans l’appartement d’en face.

Lui ne sort quasi jamais si ce n’est pour se rendre une fois par semaine dans un lieu particulier

Petit a petit, on découvre le passé de la jeune femme qui a quitté Paris et une carrière de danseuse étoile pour suivre son mari aux Etats Unis.

En avançant dans la lecture on comprend que quelque chose relie ces deux êtres… quelque chose de sombre qui a lourdement impacté leur vie à tous les deux.

Au milieu de tout cela, une jolie petite fille…

Mais comment tout cela va se terminer ?

 

Ce que j’ai aimé…

  • Le dessin qui nous plonge dans cette ambiance américaine des années 50.
  • L’histoire qui est touchante.
  • Le suspens est bien dosé.
  • Ce désir de vengeance qui se transformera.
  • Cette consolation inattendue que notre héroïne trouvera.

Le mot de la fin…

J’ai beaucoup aimé la douceur de cette bande dessinée, le contraste entre l’univers de la danse, des abeilles de la jeune femme et celui de la pègre et de la violence de cet homme.

« Camille Claudel » de Colette Fellous collection des vies chez Fayard

 

Si je devais le résumer…

Un livre puissant, émouvant… l’auteur semble s’être laissée happer par Camille Claudel. Un essai basé sur un vrai travail de recherche dans de nombreuses archives concernant cette artiste.Ce lit comme un roman.

C’est l’histoire…

De Camille Claudel souvent indissociable de Rodin, de leur histoire d’amour et de leur talent artistique.

Le sculpteur est très souvent évoqué comme le responsable de la « folie » de Camille car il lui aurait brisé le coeur en ne tenant pas ses promesses.

Ce livre va beaucoup plus loin, nous éclairant en quelque sorte sur cette perte de raison.  On prend connaissance de son histoire familiale au combien douloureuse. Comment et pourquoi sa famille a pu la faire interner autant d’années en asile ? De nombreuses lettres permettent d’en savoir un peu plus sur le parcours de cette artiste. On découvre aussi le cercle quelle fréquentait, comment elle créait ses oeuvres etc…

Ce que j’ai aimé…

  • L’écriture, et les recherches approfondies de l’auteur.
  • L’affection, l’attachement que semble ressentir l’écrivain pour Camille.
  • Tout au long j’ai eu envie de revoir les oeuvres de l’artiste.
  • L’analyse psychologique qui y est faite, en la replaçant dans une époque ou la psychanalyse n’était pas si avancée et la solution de l’internement la plus usitée peut être.

 

Le mot de la fin…

Un magnifique livre pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Camille Claudel, sur sa personnalité et son histoire. Pas simple d’être une artiste femme à cette époque.

Ce livre m’a donné envie d’aller au musée Camille Claudel à Nogent sur Seine.

« Quelle n’est pas ma joie » de Jens Christian Grondahl chez Gallimard

 

Si je devais le résumer…

Un roman court et pourtant chargé d’émotion…. Il nous laisse une douce mélancolie lorsqu’on le referme.

C’est l’histoire…

D’Ellinor qui écrit une lettre à son amie Anna disparue depuis longtemps et dont le mari vient de mourir.

Petit à petit on découvre l’histoire de ces deux femmes et de leurs maris qui deviendront amis.

Ellinor devrait détester Anna qui a fauté avec son propre époux et pourtant on ne ressent pas vraiment de haine mais plutôt le regret de ne jamais avoir pu en parler de femme à femme.

On découvre les origines de chacun, les apparences dans lesquelles certains ont vécu. Mais aussi l’histoire de la mère d’Ellinor dans l’attente du retour de l’homme aimé mais qui jamais ne le cherchera… Ellinor quant à elle, ne s’est jamais senti à sa place dans ce monde « bourgeois »…

 

Ce que j’ai aimé…

  • La délicatesse des mots
  • La pudeur de ce texte
  • Ce concentré d’émotion dans à peine 150 pages
  • Cette  subtile approche du pardon, du deuil, de l’infidélité

Le mot de la fin…

C’est un livre qui se lit très rapidement et qui nous touche dans sa douceur et dans sa justesse.

 

 

« Guernica 1937 » d’Alain Vircondelet chez Flammarion

 

Si je devais le résumer…

Un roman sur l’histoire d’amour entre Picasso et Dora Maar mais aussi un roman sur la naissance et réalisation de Guernica…

C’est l’histoire….

De Picasso cet homme que l’on pourrait qualifier d’homme à femmes et de sa relation avec Dora.Il passe de femmes en femmes… Marie Thérèse, Dora puis Françoise.

On découvre Dora, cette femme forte mais aussi fragile et Picasso,cet homme pour qui rien n’est plus important que l’art. Dora est aussi un artiste, elle photographiera toutes les étapes de la création de Guernica.

On passe quelque mois avec eux et avec « la cour » de l’artiste. On assiste à la naissance d’une de ces oeuvres majeures . On découvre également quelques  failles de ces deux êtres.

Ce que j’ai aimé

  • On partage une tranche de vie de Picasso
  • Le livre nous donne envie de redécouvrir le travail de Picasso et aussi celui de Dora
  • Il m’a aussi donné envie de lire une oeuvre de Balzac que je ne connaissais pas et dont il parle souvent. « le chef d’oeuvre inconnu »

Le mot de la fin

J’aurai aimé qu’il soit un peu plus long mais j’ai pris beaucoup de plaisir à m’immerger pendant quelques heures dans la vie de ces deux artistes. C’est captivant, entraînant, passionnant…

 

 

 

« Les ombres de Montelupo » de Valerio Varesi chez Agullo Noir

 

Si je devais le résumer…

Le troisième opus traduit en français de mon auteur fétiche de roman policier italien. J’attends déjà avec impatience celui qui sortira en 2019 !!!

Ici, l’on prend son temps, pas de violence, de crime horrible, juste une enquête et une vraie analyse de la société italienne et des mentalités ancrées dans ses villages.

 

C’est l’histoire…

Nous retrouvons notre commissaire Soneri qui décide de s’éloigner de Parme et de venir se ressourcer dans son village d’origine des Apennins.

Balades en foret et cueillette de champignons sont au programme… c’est sans compter sur l’étrange disparition du fils Rodolfi, l’héritier de l’usine de charcuterie qui a offert l’essentiel des emplois de la commune pendant de nombreuses années.

Les rumeurs circulent comme dans beaucoup de villages,  disparu ou juste absent ? Resurgissent petit à petit des velléités anciennes.

Notre homme en vacances ne va rester très longtemps éloigné  de l’enquête d’autant que le passé de son père semble ressurgir dans cette sombre histoire…

Ce que j’ai aimé…

  • La plume de cet auteur, sa poésie que l’on trouve rarement dans un roman policier
  • C’est un roman policier mais aussi un bel hymne à la nature, la montagne ici.
  • J’aime cette lenteur dans le déroulement, on prend son temps, on marche avec Soneri.

Le mot de la fin…

Un vrai roman policier, une écriture sensible, délicate et poétique plutôt rare dans ce genre.

On compare Valerio Varesi à Simenon.

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